Conférence du 5 mars 2008

Réformes luthérienne et calvinienne : parcours, portraits et doctrines

Le sous-titre que j’ai donné à cette communication, Parcours, portraits, doctrines, le laisse entendre : je vais tenter ce soir de peindre un tableau, de tracer des ressemblances, de dresser quelques divergences.

Mais permettez-moi d’abord d’évoquer un souvenir personnel, lorsqu’en 1980, j’arrivai à Genève, jeune étudiante en théologie, pour une année en terre réformée. Jusque là, les différences entre les deux traditions ne m’avaient pas spécialement marquée : en Alsace, on se dit protestant avant de se savoir réformé ou luthérien. Or en mai 1981, je célébrai le culte des étudiant-es à la chapelle Saint-Léger, tout près d’ici. J’avais alors provoqué pour les uns l’hilarité, pour les autres la consternation, ayant osé allumer deux bougies sur ce que j’appelais alors «l’autel» (et non la table de communion) et au moment de la liturgie de la cène, ayant prononcé une épiclèse très peu réformée, appelant l’Esprit à habiter à la fois les éléments et l’assemblée.

Cela étant, lorsque je suis revenue à Genève en 1987, pour y être pasteure cette fois, les membres de la commission des ministères qui m’avaient reçue en la vénérable salle de la non moins vénérable Compagnie des pasteurs m’avaient signalé l’existence de la Concorde de Leuenberg – dont on fête cette année les 35 ans —, permettant, pour tous les ministres, le passage d’une Église, luthérienne en ce qui me concernait, à une autre, celle de Genève, évidemment réformée. Cette union ecclésiale stipule en effet la communion quant à la prédication, l’administration des sacrements et la reconnaissance mutuelle de l’ordination ou
consécration. Les avancées du mouvement oecuménique du 20e siècle étaient passées par là !

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