Vendredi 19 Juillet 2024 : Ouvert 10H00-17H00

Exposition "Rembrandt et la Bible. Gravure divine"

Une scénographie tout en clair-obscur

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Chargés de créer des espaces pour des œuvres fragiles et de taille réduite, Alain Batifoulier et Simon de Tovar ont composé un parcours tout en contrastes qui permet de s’immerger dans le miracle Rembrandt.

Un métier d’exception

Exposer des œuvres aussi particulières que les gravures religieuses de Rembrandt n’est pas une mince affaire. Partenaires depuis plus de 20 ans, scénographes pour le Petit Palais à Paris ou la Bibliothèque nationale de France, Simon de Tovar et Alain Batifoulier ont conçu l’exposition permanente du MIR. Pour Rembrandt et la Bible, ils ont dessiné une scénographie qui nous plonge dans la richesse de ses œuvres tout en guidant nos pas dans un parcours minutieusement rythmé.

Un dessin devenu monumental

Dès qu’on entre dans une salle, nous voilà immergés « dans le trait direct de Rembrandt », dit Simon de Tovar. Certains personnages se dressent devant nous comme de figures murales. Le dessin du maître se déploie sur les cimaises comme si nous faisions partie de ses gravures. A l’origine de cette magie, des détails grossis plus de 200 fois : « L’idée était de créer un contraste entre la taille des œuvres et le gigantisme des agrandissements », dit Alain Batifoulier. Les décors imprimés offrent aux visiteurs « un premier niveau de lecture » avant d’aller observer de près des compositions très riches en expressions et en mouvements malgré leur surface réduite.

Une lumière fine qui protège les œuvres

 « Nous devions limiter l’intensité lumineuse de l’exposition à 50 lux » dit Simon de Tovar. C’est un impératif de protection ». Les textes qui ouvrent chaque section de l’exposition sont inscrits sur des feuilles électroluminescentes, dont la lumière ne déborde pas. « Nous avons aussi joué sur les tons pour créer de faux effets de lumière » dit Alain Batifoulier.

Une alternance de bleu nuit et de brun cuivré rythme le parcours tout en évoquant le cuivre sur lequel l’artiste gravait. Quant aux cartels associés aux dessins, ils sont posés sur une réglette dont l’éclairage mord très peu les espaces alentours.

De discrets extraits de la Bible

L’un des partis-pris de l’exposition a été d’associer aux gravures les passages de la Bible qui les ont inspirées. « Nous ne voulions pas mettre ces textes à la verticale, sinon l’œil aurait été envahi dès l’entrée en salle » dit Alain Batifoulier. « Si on avait mis les extraits aux murs, on aurait eu l’impression de se trouver dans une exposition de textes plutôt que de gravures », ajoute Simon de Tovar.

Aménagés sur des surfaces horizontales, les textes n’occupent pas l’espace visuel. Discret, le dispositif invite à un aller-retour intime entre l’œuvre et le passage qu’elle incarne.

Un parcours qui respire

De la Genèse à la Mort apocryphe de la Vierge, les 72 gravures de l’exposition suivent l’histoire sainte. La scénographie ménage cependant des ruptures. La plus importante se situe au milieu du chemin, avec un espace pédagogique où les visiteurs peuvent imprimer leur propre estampe de Rembrandt : « Cette rupture apporte une respiration importante » dit Alain Batifoulier. Elle ralentit la découverte des œuvres ». Plus lumineuses que les autres, cette salle permet aussi de se préparer aux dernières salles, qui racontent les moments les plus tragiques de l’histoire biblique.

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